Les dames en bleu d’Expo 67

Lors de la soirée de lancement du film Expo 67 Mission impossible, le 25 avril à la Place des Arts, trois jeunes femmes ont eu l’honneur de porter ce costume mythique…


par Johanne Mercier

Crédit photo – Les Productions de la ruelle et Mathieu Gauvin

Que les scientifiques qui cherchent comment voyager dans le temps interrompent immédiatement leurs travaux : on a trouvé ! Il suffit de porter le costume de l’hôtesse guide de l’Expo 67 et les années se soustraient au calendrier à une vitesse folle.

La magie opère à mesure que l’on enfile la petite blouse blanche ajustée, la jupe bleue qui couvre à peine le genou, le veston cintré et hop, le coup de grâce est donné lorsque l’adorable petit béret est bien fixé sur la tête !

Double plaisir en cette soirée de lancement du film Expo 67 Mission impossible, le 25 avril à la Place des Arts : tout d’abord pour trois jeunes femmes qui ont eu l’honneur de porter ce costume mythique et aussi pour les 1400 personnes qui ont eu la chance de l’admirer.  Confectionnés pour le 40e anniversaire d’Expo 67 et pour le parc Jean-Drapeau à partir de l’uniforme original, ces tenues étaient remisées depuis dix ans lorsqu’on les a libérées de l’entreposage pour leur permettre de rayonner à nouveau.

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Marie-Ève Lajeunesse, choisie pour devenir une hôtesse d’un soir, est déjà complètement accro à l’esthétique des années 60.  Elle emménagera bientôt dans sa nouvelle maison… construite en 1962!  Tous ses meubles datent des années 60 et sa garde-robe déborde de vêtements au look de cette époque, parfois même des originaux, dont une robe de sa grand-mère. Être choisie pour incarner une hôtesse de l’événement le plus déterminant des années 60 au Québec a été très significatif pour elle. « J’ai toujours trouvé ce costume magnifique et le porter a été pour moi tout un honneur. »

« J’avais entendu parler de l’Expo 67 à l’école, j’avais un peu lu sur le sujet, je savais que c’était un événement important pour le Québec, raconte Amélie Langlois.  Mais ce soir-là,  j’ai réalisé à quel point les gens étaient émotifs en évoquant leurs souvenirs de l’Expo. »

 

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« Porter ce costume est un véritable rêve pour moi, et le porter devant tous ces amoureux d’Expo 67 était vraiment extraordinaire », confie Katherine Bissonnette, elle aussi une accro aux années 50 et 60. Elle fait même partie d’un groupe inspiré de la musique de cette époque, Slick Slick Revolver.

« Tout au long de la soirée, j’étais émue et même sous le choc de voir tous ces gens qui avaient tellement d’histoires à nous raconter. »

Les hôtesses d’un soir se l’étaient confié avant le début de la soirée : toutes trois espéraient secrètement rencontrer des femmes qui avaient été hôtesses en 1967.  « Ça a pris environ cinq minutes et une femme est venue nous dire qu’elle portait le même costume en 1967, raconte Amélie. On en avait des frissons. Il y a finalement eu quatre ou cinq ex-hôtesses qui nous ont parlé. »

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Amélie, cheveux longs et blonds, a d’ailleurs eu un commentaire un peu étonnant de l’une d’elles.  « À l’époque, je n’aurais pas pu être hôtesse et avoir les cheveux longs. On demandait aux hôtesses de se faire couper les cheveux, afin de mettre le costume et le béret en valeur. »

Soirée inoubliable

« Beaucoup d’invités avaient apporté leur passeport de l’époque,  raconte Marie-Ève. Ils nous montraient leur photo et les estampes de tous les pavillons qu’ils avaient visités. »

« Après le film, les gens pleuraient, ils étaient submergés par leurs émotions, ils étaient reconnaissants qu’on leur ait raconté cette histoire-là », souligne Amélie qui, à la sortie, remettait aux invités le passeport émis cette année par la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal. Personne ne voulait rater sa chance d’avoir un nouveau passeport «connecté» d’Expo 67, et ce,  50 ans plus tard.

« Ce fut pour moi une expérience extraordinaire, conclut Amélie, d’autant plus que je me suis fait dire que j’étais belle par Yvon Deschamps. Ça a fait ma soirée. »

« Ce fut vraiment une expérience formidable et enrichissante, je suis encore émue et sur le buzz, ajoute Katherine. Mémorable ! La soirée a été si magique que lorsque tous les invités ont été partis, je n’avais pas envie de retirer mon costume, conclut Katherine.  J’aurais dormi avec ces vêtements pour poursuivre le rêve. »

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Il fallait toutefois revenir à la réalité. Pour Katherine, cela signifie: démaquiller ses tatous et libérer sa longue crinière rouge, emprisonnée toute la soirée dans une perruque noire très sixties. Comme quoi 2017 n’est jamais loin.

Il était près de minuit quand le présent a réintégré le calendrier.

Pour en savoir plus sur le thriller documentaire Expo 67 Mission Impossible

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