Diefenbaker accuse Montréal de s’offrir une « orgie romaine » !


Par Carmen Desmeules

Même si Expo 67 fut consacrée la plus grande Exposition universelle de tous les temps, les organisateurs ont fait face à de nombreux obstacles. Notamment, le désaccord du gouvernement fédéral, qui était responsable de 50 % du budget.

Le conservateur, John Diefenbaker, est premier ministre du Canada (1957 à 1963) au moment où Montréal est choisie comme ville hôtesse de la future Exposition internationale de 1967. Il ne montre aucun enthousiasme face à cette nomination.

Yves Jasmin, directeur de l’information, la publicité et des relations publiques, rappelle les conflits et la résistance des Canadiens anglophones envers Montréal : « C’est comme ça que ça a commencé, tout simplement. Avec les irritations de Diefenbaker qui avait peur que ça coûte trop cher. Il a engagé deux gars bien sympathiques, Bienvenu et Carsley ». (Les deux commissaires démissionnent en août 1963 !)

« L’Expo n’était pas populaire au Canada »,  affirme Jasmin. « C’était un os jeté au Québec, le show du maire Jean Drapeau. Une dépense somptuaire payée par les Canadiens au bénéfice des Québécois. Pour les anglos, c’était un French Canadian Show; pour certains francophones, Shaw, Kniewasser, Rediker et Churchill prenaient beaucoup de place et les francos avaient des postes mineurs. Organiser les services de presse, pas évident!! »

Philippe de Gaspé Beaubien, le véritable maire d’Expo 67, raconte : « Diefenbaker a qualifié l’événement de roman orgy».

“C’est une orgie romaine, sans contrôle. Notre argent est dépensé et gaspillé par les gens de l’Expo et on devrait considérer la possibilité de terminer cette expérience-là. »

« C’était majeur ».

Lester B. Pearson a pris le pouvoir en 1963 et à mesure que le site d’Expo prenait vie, le « vieux lion » s’est adouci. Le 8 juillet 1967, il mettait finalement les pieds sur la Terre des Hommes  qu’il avait tant décriée et il reconnaissait le succès extraordinaire d’Expo 67 et le travail énorme de ses organisateurs.

Source : Entrevues avec Yves Jasmin et Philippe de Gaspé Beaubien, mai 2016.



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